Martin Cinglepin - 1 - Le chant d'excalibur

Voici ici, le premier chapitre de Martin Cinglepin Tome 1

Il allait faire beau ce jour-là. Il n'était que sept heures et pourtant les rayons du soleil perçaient déjà par les interstices des volets de la chambre de Martin. Réveillé par la lumière, le petit garçon s'étira, grommela de devoir se lever si tôt pendant les vacances, puis esquissa un sourire lorsque qu'il se rappela de quel jour il s'agissait. Il repoussa sa vieille couverture qui grattait, sortit une jambe, puis l'autre, puis finalement se frotta les yeux en se levant de toute la modeste hauteur que lui procuraient ses douze ans.

Douze ans ! Aujourd'hui il avait douze ans ! Finalement les rayons du soleil lui parurent des bougies à souffler. Il se précipita à la fenêtre de sa chambre, tira le léger voilage, ouvrit la fenêtre, et claqua les volets si fort qu'il entendit sa grand-mère le gronder depuis le rez-de-chaussée.

Ne prêtant que peu d'attention aux réprimandes que mamie Jo semblait lui adresser, Martin respira à pleins poumons l'air bon et frais de la montagne. Ses yeux encore sensibles à la lumière firent le point et admirèrent le paysage. Magnifique. Sa chambre, au premier étage du petit chalet de ses grands-parents donnait sur une vaste étendue de verdure et de fleurs des champs. Plus loin, les sapins et autres châtai-gniers dessinaient l'orée d'une large forêt qui sem-blait acculée à la montagne.

Ravi par ce spectacle, Martin en oublia presque un instant qu'il était loin de tout ce qu'il adorait dans la vie : Ses parents, ses copains, sa console sur laquelle il pouvait passer des heures sans s'arrêter... Qu'allait-il faire ?

Soudain il se mit à réfléchir : « Ben oui tiens ! Qu'est-ce que je vais faire ici pendant tout un mois » se dit-
il ? Martin adorait ses grands-parents mais n'allait-il pas s'ennuyer ici ?

C'était la première fois qu'il allait passer autant de temps loin de la ville et de ses parents. Un petit nœud se forma dans son ventre. Il respira un grand coup puis retourna vers son lit. La petite chambre impro-visée que lui avait bricolée papy Lucien dans l'ancien débarras lui avait d'abord paru bien misérable, mais il y avait si bien dormi qu'il lui trouvait à présent presque du charme.

Assis sur son lit, Martin admira les merveilles d'ingéniosité que son grand-père avait déployées pour transformer l'endroit en quelque chose d'accueillant. Il se rappelait encore de quand cette petite pièce abritait tout le vieux bric-à-brac de ses grands-parents. Les vieilles chaussures de ran-donnée de papy et ses multiples bâtons de marche, les tas de couvertures raccommodées par mamie Jo, les objets divers dont il ne connaissait même pas l'utilité, bref tout un tas de vieux machins dont un garçon de douze ans se fichait éperdument.

La pièce avait été totalement vidée, les étagères démontées, la poussière époussetée, seuls subsi-staient une petite table de chevet et un gros coffre en bois que Martin se rappelait avoir vaguement vu une fois dans le débarras. Fort de son expérience d'ancien menuisier, papy Lucien lui avait fabriqué un mignon petit lit en bois qu'il avait pris un malin plaisir à sculpter de fleurs et de paysages de montagne. Comme Mamie le lui disait souvent, il avait de l'or dans les mains cet homme-là ! Sa grand-mère avait, quant à elle, participé dans le domaine de la décoration. Dur de ne pas remarquer les petits tableaux peints sur bois qui représentaient toute la faune et la flore des montagnes : Marmottes, chamois, bouquetins, edelweiss... Il y en avait tellement, que pratiquement plus aucun pan de mur n'était visible, c'en était presque oppressant.

Martin se gratta la joue et posa son regard sur le lit que sa grand-mère avait jugé bon de parer de vieux draps en flanelle ainsi que d'une grosse couverture usée qui grattait terriblement mais qui, une fois bien enroulé dedans, vous procurait une chaleur exquise.

Il s'habilla avec hâte et se jeta sur la vieille porte de sa chambre-débarras qu'il ouvrit en trombe. Il dévala les escaliers quatre à quatre et se précipita dans la petite cuisine où mamie Jo préparait le petit déjeuner. Arrivé à l'entrée de la pièce, Martin ralentit et se réajusta. Il passa ses mains dans ses cheveux afin d'essayer de plaquer un vilain épi au milieu de sa broussailleuse tignasse brune, puis, après avoir vérifié qu'on ne remarquait pas trop qu'il n'avait pas fait sa toilette, alla tranquillement s'asseoir à la petite table de la cuisine. Mamie Jo était à côté du vieux poêle dont elle se servait encore pour faire bouillir sa vieille casserole toute bosselée dans laquelle elle faisait ses infusions maison. Mamie Jo était une femme de fort petite taille, à peine plus grande que Martin à vrai dire. Elle était si petite que Papy l'appelait son « p'tit sucre ». Toute menue, elle paraissait toujours surexcitée. Son énorme chignon faisait paraître sa tête encore plus petite et ressemblait à un gros nid poivre et sel. Ses petits yeux en amande cachés derrière une grosse paire de lunettes rondes, débordaient de malice.

Elle sauta du petit marchepied qui lui permettait de cuisiner sur le plan de travail, agrippa un vieux torchon à fleurs et attrapa la casserole sur le poêle. Elle se dirigea vers Martin en sautillant et versa une bonne dose de « tonic des marmottes » dans son bol. Une bonne odeur de miel et de plantes chatouilla les narines de Martin. Il ne savait pas du tout ce que sa grand-mère mettait dans ses infusions mais ce qui était sûr c'est qu'elle savait vraiment y faire ! Papy aimait appeler ça du « bonheur liquide ».

- Tu préfères des tartines ou tu veux un petit morceau de mon gâteau, mon chéri ? demanda mamie Jo de sa voix douce et aiguë.

Le choix était dur. Les tartines de sa grand-mère c'était de la confiture de myrtilles maison sur de grosses tranches de pains de campagne bien croustillantes, mais le gâteau, on aurait cru à un banal cake aux fruits, mais fait par les mains de mamie, c'était une bouchée de paradis.

- Je peux avoir un petit peu des deux ? demanda Martin.

Sa grand-mère esquissa un petit sourire espiègle et lui répondit :

- Tu ne perds pas le nord, toi hein ?

Elle se retourna puis sauta de nouveau sur son petit marchepied. Cette fois-ci elle attrapa une assiette dans laquelle se trouvaient une belle grosse tartine déjà toute prête ainsi qu'un copieux morceau de cake aux fruits.

- Je savais bien que tu me demanderais les deux ! sourit mamie Jo.

Elle posa l'assiette à côté du bol de Martin qui se saisit aussitôt de la grosse tartine et la croqua. La bouche pleine de confiture de myrtilles, il se tourna vers sa grand-mère qui s'était remise à la tâche, elle préparait déjà les ingrédients de son repas de midi.

- Où est Papy Lucien ? demanda Martin en es-sayant de ne pas éparpiller tout ce que sa bouche contenait.

- Il est sorti il n'y a pas longtemps pour aller aux champignons avec Kador. Il n'est pas bien loin je pense, si tu te dépêches tu pourras le rattraper, répondit mamie sans même se retourner.

- Il a emmené Kador ? Je me disais bien que je ne l'avais pas entendu aboyer ce matin celui-là ! dit Martin qui n'avait pas attendu pour remettre une belle portion de tartine dans sa bouche.

Kador était le chien des grands-parents de Martin. C'était un gros Bouvier Bernois au tempérament lent et affectueux. Un tantinet baveux, il était pourtant le passe-temps préféré de Martin quand il rendait visite à ses grands-parents. Il passait des heures à jouer avec lui, à le caresser devant la cheminée, à poser sa tête sur son gros ventre tout en lisant un bon livre. Hormis mamie et papy, Kador était un peu le seul ami de Martin à des kilomètres à la ronde.

Il se pressa de finir son déjeuner en manquant de s'étouffer avec le dernier gros morceau de cake de l'assiette. Il sauta de sa chaise, se rua vers sa grand-mère et lui fit un petit baiser sur la joue.

- Je file vite les rejoindre ! dit Martin qui courrait déjà vers l'entrée.

Il franchit la porte de la cuisine, puis passa devant la cheminée du salon tout en contournant la massive table en chêne ronde qui trônait en plein milieu de la pièce. Martin passa si vite qu'il faillit emporter le vieux napperon brodé ainsi que le gros vase remplit de fleurs qui y étaient posés.

- Attends ! entendit-il crier derrière lui.

Martin freina si fort son élan qu'il manqua de tomber, fort heureusement sa main avait déjà agrippé la poignée de la porte d'entrée. Il se retourna et vit sa grand-mère lui faire un signe. Elle pointait du doigt un gros paquet cadeau posé tout contre l'âtre de la cheminée que Martin n'avait même pas remarqué lors de son passage éclair. Le paquet était soigneusement emballé dans un papier cadeau à fleurs typique de mamie Jo, et un large ruban mauve en faisait le tour pour se terminer par un nœud qui ressemblait à un gros bonbon.

- Tu croyais vraiment que nous avions oublié ton anniversaire, mon chéri ? dit mamie.

Martin fit un large sourire et se rua sur sa grand-mère pour la serrer fort dans ses bras. Il lui fit un petit baiser et se dirigea vers son cadeau. Soudain il s'arrêta, trahissant une légère réflexion.

- Je devrais peut-être attendre plus tard que papy soit là ? demanda-t-il à sa grand-mère.

Martin se retourna pour regarder sa grand-mère, celle-ci semblait approuver. Ravi de constater que ses grands-parents ne l'avaient pas oublié, il reprit donc la direction de l'entrée. Il enclencha la poignée et tira la porte qui lui avait toujours paru si lourde. Le paysage était superbe. Martin s'assit sur le sol de la terrasse de vieilles pierres et enfila les grosses chaussures de marche que ses parents lui avaient offertes juste avant son départ pour la montagne. Il se releva et se dirigea vers le petit portail de bois sculpté de la maison, puis se précipita vers la grande clairière qui jouxtait l'impressionnante forêt de pins et de châtaigniers. Respirant l'air frais de la mon-tagne, Martin se surpris à siffloter en traversant les épaisses touffes de fleurs des champs. On n'avait pas tout ça en ville. Certes il y avait beaucoup de choses à faire quand on vivait en métropole, mais Martin avait toujours adoré les moments d'évasions que lui procurait le chalet de ses grands-parents.

Il s'était toujours senti proche de la nature, il s'y sentait plus à l'aise, moins stressé que par le rythme enivrant de la vie citadine, par le bruit incessant des voitures et de leurs klaxons. Savourant son grand bol d'air campagnard ainsi que le parfum sucré des fleurs, Martin continua d'avancer dans la clairière. Il entendit soudain le petit cri strident caractéristique d'une marmotte et, par jeu, tenta de lui répondre. Bien évidemment la petite créature n'eut pour seule réponse qu'un long silence, mais bon tant pis se dit Martin qui continua son chemin.

Il arriva enfin à l'orée de la forêt. Il se retourna et posa son regard sur la maison qui se trouvait à quelques centaines de mètres un peu plus bas, elle paraissait toute petite et insignifiante, mais si pai-sible. Il se décida à entrer dans les bois, non sans être un peu intimidé par la pénombre qu'offraient les grands pins. Il prit une grande respiration et avança. Il entendait déjà la petite clochette que Kador portait autour du cou, lui et papy ne devaient pas être bien loin.

Pour un enfant de douze ans, l'endroit était quelque peu effrayant. Plus il avançait sur le sol d'épines, et plus la lumière éclatante du soleil de juillet avait du mal à filtrer à travers les branches des gigantesques conifères. L'air était chargé d'odeurs familières. Des odeurs que Martin adorait. La senteur sucrée de la résine des pins se mêlait subtilement à celle de la mousse encore mouillée de rosée, mieux, il sembla au jeune garçon que la fragrance si spéciale des champignons taquinait déjà son nez en trompette. Écartant les branchages sur son passage, il essaya de se repérer au fameux son de la clochette du molosse. Le sol avait changé. D'épines de conifères il était passé à mousseux et argileux, un terrain de choix pour un amateur de cèpes ! Il trouverait vite papy Lucien c'était certain, l'endroit était trop propice à la cueillette. Et pourtant au fond de lui il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une légère anxiété. Le fait d'être seul comme ça au milieu de cette ambiance pesante, et surtout c'était bien la première fois qu'il partait seul rejoindre son grand-père. N'avait-il pas eu là un excès de confiance en lui ? Ses douze ans lui avaient-ils donné tant de courage ?

Il faut dire aussi que papy Lucien était si secret sur ses fameux « coins à champignons », il y avait de quoi être un peu stressé.

S'étant rassuré quelque peu, Martin ravala ce petit nœud qui avait serré sa gorge l'espace d'un instant et se remis en quête de son grand-père.

Il lui fallut encore une bonne dizaine de minutes avant d'enfin entendre la voix si familière de papy Lucien. C'était bizarre. Il semblait en grande con-versation avec quelqu'un. Si la voix toute particulière de son grand père ne faisait aucun doute pour Martin, l'autre voix, plus rauque et pataude, ne lui disait absolument rien. Qui diable avait-il bien pu amener avec lui pendant ce moment sacré qu'était la cueillette des bolets ? Papy avait toujours été si mystérieux avec ses escapades dans les bois ! Il avait même été jusqu'à bander les yeux de Martin, et ce à plusieurs reprises, pour que ce dernier ne sache pas retrouver le sanctuaire de fortune. L'idée que son grand-père ait pu partager ce si grand secret avec quelqu'un d'autre le fit rougir de colère l'espace d'un instant. Le poing serré et les sourcils froncés, le jeune garçon avança vers les voix d'un pas plus lourd, faisant jaillir les gouttes d'eau toutes fraîches du sol mousseux.

L'air humide des bois le faisait renifler. Il sortit alors de sa poche un vieux mouchoir en tissus à carreaux que sa grand-mère lui avait donné la veille et qu'elle avait pris soin d'imprégner de lavande. Il se moucha alors de toutes ses forces, produisant un bruit semblable à un vieux clairon. Le son fit sursauter quelqu'un juste derrière Martin.

- Bon dieu, gamin ! Veux-tu donc me faire mourir de peur ?!

C'était son grand père. D'une taille plus grande que mamie Jo, il restait néanmoins plutôt petit, mais était battit comme un chêne. Ses larges épaules portaient une tête carrée au visage buriné et poilu. D'impressionnants sourcils broussailleux cachaient presque ses yeux d'un bleu perçant.

De grosses moustaches tombantes et négligées recouvraient totalement sa bouche, lui donnant l'air d'un vieux morse. Coiffé d'un béret aussi large qu'une grosse pizza, il portait une vieille chemise en flanelle rouge et un pantalon en velours côtelé qu'une paire de bretelles aidait à tenir en place. D'une main il tenait un long bâton de marche sculpté en forme de girolle, de l'autre un panier en osier déjà bien rempli de bolets bruns.

Martin manqua de tomber à la renverse tant la surprise fut grande.

- Alors gamin, tu as perdu ta langue ? dit le vieil homme tout en regardant son petit-fils avec un drôle d'air.

- Hein, euh, non ! Désolé papy, je ne t'avais juste pas vu, tu m'as fichu une trouille bleue ! répondit le garçon sans se démonter.

Le vieil homme laissa éclater un rire sonore. Derrière lui, avançant tant bien que mal dans les ronces et les myrtilles, se trouvait ce bon vieux Kador. Le pauvre semblait mener un combat de chaque instant pour ne pas perdre une touffe de poils supplémentaire sur les épines des branchages. Il rejoignit Martin et se frotta illico presto à lui pour lui réclamer une bonne caresse. Il n'en fallut pas plus au jeune garçon pour s'exécuter et prendre dans ses mains la grosse gueule de son ami et le câliner. Tout en prenant bien soin d'éviter les babines humides de

Kador, Martin releva la tête vers son grand-père et, de l'air le plus détaché qu'il pouvait, lui demanda :

- Dis-moi papy, il y avait quelqu'un avec toi ?

Papy Lucien leva un sourcil broussailleux en signe d'interrogation.

- Quand je te cherchais je t'ai entendu parler avec quelqu'un, et je me demandais qui ça pouvait bien être étant donné que même moi je n'ai pas la chance de connaître tes coins ! lâcha Martin avec un petit sourire en coin.

- Bon sang gamin, ne serais-tu pas jaloux ? répondit le vieil homme dont les yeux bleus éclatants avaient complètement disparu derrière un épais mur de poils.

Martin répondit par un léger rictus et secoua vivement la tête pour affirmer que non. Les mains toujours occupées à flatter le gros chien, le jeune garçon se sentit soudain bien bête. Bien sûr qu'il était jaloux ! Mais comment l'avouer ? Un petit peu penaud, il cacha son visage qui avait viré au rouge vif dans l'épaisse fourrure de Kador, simulant un gros câlin.

- Si tu veux tout savoir jeune homme, j'étais tout seul. Enfin, avec ce bon gros bêta de chien, lança papy, une grosse main ridée tendue vers le molosse.

- J'ai pourtant bien entendu deux voix ! Ou alors je deviens fou...

Le chien se mit à aboyer aux pieds de Martin, sautant comme un beau diable. Le jeune garçon ne savait pas très bien s'il voulait jouer ou s'il voulait lui dire quelque chose. Il paraissait soudain bien excité et heureux.

- Ton imagination te joue des tours, gamin, ré-pondit le vieil homme. Avec toutes les bêtises que tu regardes à la télé, te retrouver ici tout seul a dû te ficher une sacrée trouille ! lança-t-il, son sourire à peine visible derrière sa grosse moustache de morse.

De rouge de honte, Martin passa au cramoisi ! Il était si vexé que papy Lucien lui fasse cette remarque! Il tenta de dissimuler sa colère, mais hélas pour lui son grand-père ne le connaissait que trop bien. Ce dernier l'attrapa et lui pinça la joue du bout de ses gros doigts carrés. Le garçonnet esquissa un sourire, le vieil homme avait déjà à moitié gagné. Il le ramena à lui et le serra contre sa bedaine. En un clin d'œil la colère s'envola.

- Allez viens je vais te montrer un de mes meilleurs coins pour les bolets ! dit papy.

Tous deux s'enfoncèrent un peu plus dans les bois, crapahutant à travers la mousse et les ronces. Martin affichait un sourire rayonnant. Papy Lucien avait enfin montré à son petit-fils l'un de ses fameux sanctuaires, et le gros panier d'osier, dont il avait confié la responsabilité à Martin, était rempli à ras bord de succulents champignons. Il imaginait déjà la délicieuse tourte que Mamy Jo allait cuisiner ce soir. Les vacances commençaient bien !